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Dimanche 10 mars 2019, deuxième atelier : INTERPRETATIONS

mercredi 13 mars 2019, par Frédérique

Nous avons fait notre marché à l’ Ecole de Dessin, rapportant une trentaine de travaux en cours..

Il s’agit, non pas de les décrire, mais de se laisser aller à une interprétation toute subjective, que leurs couleurs, leurs formes et leurs rythmes créent une résonance ...

On choisit une oeuvre, on pose dix mots dessus, avec lesquels on écrira ensuite un court texte les contenant tous.
On recommence avec une seconde oeuvre.

Puis on travaillera sur l’expansion d’un des deux textes, avec pour référence Tokyo Infraordinaire de Jacques Roubaud.

On écrira un dernier texte, composé de neuf fragments. Chaque fragment s’écrit en ayant en tête à chaque fois le même mot, qui interroge/interprète l’oeuvre. On compose ensuite le texte en assemblant les fragments.

TEXTES COURTS

Crépitement assourdissant
du feu de la saint-Jean
de sa chaleur torride
Fraîchement sortie du souffle brûlant des enfers,
la danseuse de flamenco ondule
comme les flammes d’un feu de broussaille
Sa crinière féline
et les mouvements cadencés de sa danse endiablée
figurent l’éruption du volcan
de cet été meurtrier.
Caroline

Des serpents d’eau
en dégoulinade de nageurs alignés
Comme résurgences d’une ancienne fêlure
pour engloutir le chaud et le froid extrême
dans l’effervescence, le chuintement
de leur auto dissolution
en un bain d’acide pur.
Caroline

Moines en lévitation, spectres joyeux de carnaval. Mon regard amusé suit leur cortège de virgules qui là-bas, vers la mer, s‘épanouit comme un envol de safran sur l’enroulement du ressac où crépitent des coquillages.
Antoinette.

Que signifie cette explosion ? Vous vouliez combler le vide, c’est ça ? Depuis quand une pluie de billes, de vulgaires jetons, amène-t-elle un ordre quelconque ? Vous cherchiez un camaïeu rassurant, petits et grands à leur place et prêts à suivre la flèche salvatrice de votre sens de l’univers ? Maître du grand boulier, vous n’accouchez au bout du compte que d’un chaos de confetti.
Antoinette

Apparition calligraphiée sur l’horizon poudré de mon rêve.
Un xylophone,
jouait le reflet inédit de mon âme.
J’entendais les notes de l’évasion.
Elles dessinaient une "cardiographie intérieure",
où la quiétude doucement trouvait sa place.
Des notes inscrivant en transparence quelques mots,
des mots qui,
à peine déposés,
s’effaçaient,
A mirage enfoui, soudaine révélation.
Nelly

Chut.
Accueillir le silence. Chut.
Son crépitement. Chut.
Sa chaleur. Chut.
Son miroitement.
Avant qu’il disparaisse.
Feu le silence. Chut.
Etre là.
Juste bien.
Chut, chut, chute !
Nelly

Au soir de la vie, l’orage gronde, puissant, c’est un déchaînement de violence inattendue, le réveil de la passion brûlante. Sous la peau frissonne l’électricité, le cœur foudroyé palpite.
Oh ! Volupté oubliée...
Roselyne

Voyageuse d’un vague à l’âme à l’imaginaire hasardeux, rêveuse mélancolique d’une terre
lointaine, pianiste au blues improbable, tu sombres au sein d’un océan rougi par le couchant,
les algues frissonnent contre ton ventre et l’écume blanche t’enveloppe d’un voile funèbre.
Roselyne

Entrevoir la lumière au travers des ténèbres
Ressentir la brûlure de son feu
Etre transpercée par ses étincelles
Résister au vertige
Geneviève

« Ce qu’ils virent par le hublot de la navette spatiale bloqua nette leur respiration. Ils venaient d’entrer dans une sorte de champignon atomique en fusion, dans une galaxie jusque-là inconnue en pleine implosion projetant un océan de cellules hémorragiques qui semblaient vouloir ravager l’espace interstellaire qu’ils avaient pour mission d’explorer. »
Jacqueline

La violence du cyclone avait ravagé la planète toute entière. Il ne restait que de la lave en fusion décolorée que dégueulait un cratère pointu sorti des enfers ou des entrailles de la Terre. Les hurlements du vent poursuivaient leur balayage destructeur sous le regard épouvantablement fixe de l’œil unique d’un cyclope sans front.
Jacqueline

Je plonge dans les lignes courbes, me laissant aspirée parmi toute cette immensité d’eau.
Je chute vers le point de fuite, en tourbillon vers le néant.
Tiraillée entre le yin et le yang, j’ai le vertige, puis je lâche prise.
Je me laisse emporter, évitant la tâche sombre, cet intrus venant des ténèbres.
Laetitia

Nuages noirs
mer déchaînée,
tourbillons et couches d’eaux sombres,
un peu d’écume.
Soudain un éclat de lumière,
l’envol d’un oiseau, le cri d’une mouette.
Catherine

Tu as frotté tes paupières, très fort ;
appuyé, très serrés contre tes paupières rougies,
tes poings veineux.
Derrière le vitrail de la chapelle Saint-Paul,
une foule fumait.
J’ai entendu le grésillement de l’aspiration
d’une gauloise sortie du paquet bleu.
A tes oreilles, Jeanne Mas hurlait,
sous des brassées de roses envolées dans la nuit, sans lune.
Le feu de la foi scintille par grappes d’amoureux.
Stéphane

TEXTES EN EXPANSION

Crépitement assourdissant
du feu de la saint-Jean
vestige d’anciennes fêtes païennes du solstice d’été
de sa chaleur torride
Fraîchement sortie du souffle brûlant des enfers,
la danseuse de flamenco ondule
comme les flammes d’un feu de broussaille
Telle Perséphone de retour parmi nous
mais toute encore nimbée des exhalaisons de son infernal royaume
Sa crinière féline
et les mouvements cadencés de sa danse endiablée
figurent l’éruption du volcan
de cet été meurtrier
Je me souviens des étés de canicule, nature anéantie où rien ne peut pousser
la famine, les maladies, la mort qui emplissent l’espace
Silence torride de la terre craquelée
Chaleur suffocante à couper le souffle.
Caroline

Moines en lévitation,
Avoir envie de prendre de la hauteur, d’élever sa vue des choses, de s’alléger du trop d’emprise d’ici-bas, c’est bien, non ?
L’emprise, cette main qui vous tient, vous la sentez ?

spectres joyeux de carnaval.
Il n’y a pas que Sisyphe qu’il faut imaginer heureux. Il y a aussi les moines que la méditation détache du sol et dont je ne vois de loin que les longues robes sans visage.

Je me souviens de ces fantômes à Venise, sur la place Saint-Marc allumée des couleurs folles du carnaval. Ils chantaient et criaient sous leur masques rieurs.

Mon regard amusé
Pas parce que je me moque, juste parce que j’ai plaisir à partager la joie que je sens.

suit leur cortège de virgules
Oui, tout souples ils sont, et comme doucement incurvés par le même souffle.
Incurvés, vous voyez, pas malmenés, pas tordus. Souffle léger, ponctuation douce.

… leur cortège de virgules qui là-bas, vers la mer, s’épanouit comme un vol de safran

Un grand marché à Palerme. Des épices partout. Et là je lis : « Safran de Sicile ». Le patron sourit de mon froncement de sourcil interrogateur. « Tu vas voir », il me dit ; et il fait voler au-dessus de l’étal tout le contenu d’un sachet. Ma robe blanche ne l’a pas oublié.

sur l’enroulement du ressac
Ça fait peur ? Pas ici. Il y a ressac et ressac. Ici, c’est un décor pacifiquement volubile.
Volubile, de volubilis, qui s’enroule

où crépitent des coquillages.
Parfaitement ! Écoute, regarde. Des petits bigorneaux pour les enfants, dorés ou orange ; leurs petits tortillons bien dessinés se rapprochent, se touchent, se choquent gaiement dans la vague. C’est un crépitement espiègle, d’aise, de jeu, de joie. Foi de petit ciré jaune !
Antoinette

Apparition calligraphiée sur l’horizon poudré de mon rêve.
De mon rêve et pas que.
De mes rêveries aussi.
Un xylophone,
- un xylophone, je crois,
peut-être n’était-ce pas cet instrument là,
il en existe tellement,
il en des des vibrants, des somptueux.
des étourdissants,
et des,
qui réclament d’être toujours au moins deux -
jouait le reflet inédit de mon âme.
J’entendais les notes de l’évasion.
Un jour que je marchais au bord d’une rivière, j’aperçus un pêcheur endormi, canne à pêche à la main.
Croyait-il remplir sa musette de poissons,
ou bien davantage,
des saveurs de son évasion.
Cette pensée qui m’avait traversée l’esprit en le voyant, je m’en souviens encore.
Les notes dessinaient une "cardiographie intérieure",
expression singulière d’un poète persan,
où la quiétude doucement trouvait sa place.
Trouver sa place n’est jamais chose facile,
même quand on la trouve facile.
Et que faire de la facilité de toute façon.
Des notes inscrivant en transparence quelques mots,
des mots qui, à peine,
ou facilement déposés,
s’effaçaient,
comme la pluie s’efface après l’orage,
et que le soleil fait volte-face,
à moins,
oui, à moins que,
il ne soit qu’un trompe-l’oeil.
A mirage enfoui, soudaine révélation.
Nelly

Au soir de la vie,
Ainsi le crépuscule serait arrivé au galop ? Mais qu’est-ce donc que ce déclin ?
La vieillesse ? Au soir de la vie, allons donc juste, une expression, chacun l’entend à son idée.
L’orage gronde, puissant,
Je me souviens d’une nuit d’été, chaude et moite, des ténèbres aussi sombres que de l’encre de Chine. Les éclairs et le tonnerre ferraillaient sans discontinuer, l’un avec l’autre, l’un contre l’autre et l’enfant recroquevillé sous sa couette, tout seul, trop seul. Souvenir d’une nuit effrayante.
C’est un déchaînement de violence inattendue, le réveil de la passion brûlante. Sous la peau
frissonne l’électricité, le cœur foudroyé palpite.
Oh ! Volupté oubliée...
Roselyne

Entrevoir la lumière au travers des ténèbres.
A l’aide d’un canif, elle avait réussi à transpercer de part et d’autre la partie basse de la porte.
Cela doit faire trois jours, pense-t-elle, qu’elle est prisonnière dans un lieu inconnu sans repère dans le temps, sans possibilité de distinguer la nuit du jour.
Elle ressent la chaleur d’un feu.
Elle perçoit le crépitement des flammes, il s’intensifie.
Elle imagine les gerbes d’étincelles.
Ça craque… ça pétarade de plus en plus fort.
Depuis ce matin, elle n’a vu personne, elle a peur.
Elle se souvient qu’elle se trouvait devant la devanture d’un magasin de décoration, se demandant si elle avait le temps d’y entrer ou si elle devait poursuivre son chemin. Elle se souvient aussi d’une douleur dans la nuque, du souvenir d’être portée, des effluves d’un parfum féminin.
La porte cède.
Elle est transpercée par des étincelles brûlantes.
Résister au vertige, surtout ne pas sombrer et tenter de gagner l’extérieur.
Geneviève

Ce qu’ils virent par le hublot
celui d’un voilier blanc au milieu du vert émeraude
de la navette spatiale bloqua nette leur respiration.
Ils venaient d’entrer dans un champignon atomique en fusion
image d’une cueillette de chanterelles
image d’ un défoliant orange
image de Little Boy sur Hiroshima
image d’une petite fille nue et brûlée
dans une galaxie jusque-là inconnue en pleine explosion
de joie- de rires- de bourgeons- des sentiments- de passions-
projetant un océan de cellules hémorragiques qui semblaient vouloir ravager
l’élevage, cette horreur du XX ème siècle et
l’espace interstellaire qu’il avaient pour mission d’explorer.
Jacqueline

Je plonge dans les lignes courbes, me laissant aspirée parmi toute cette immensité d’eau.
Voyez un puissant tourbillon, formé dans une grande étendue d’eau, ou moins romantique, l’évacuation d’un évier, le bruit avec.
J’ai souvenir de premières baignades au printemps, plongeons saisissants dans l’eau glaciale.
Je chute vers le point de fuite, en tourbillon vers le néant.
Entendez l’inconnu. Qu’est-ce que le néant ? Il y a peut-être quelque chose d’heureux au-delà du point de fuite. Je sens quelque chose d’heureux…
Tiraillée entre le yin et le yang,
Deux mots indissociables dans la pensée taoïste chinoise, exprimant la force cosmologique.
j’ai le vertige,
Je me souviens d’une randonnée, tétanisée sur une corniche, incapable de mettre un pied devant l’autre.
puis je lâche prise.
Je me laisse emporter, évitant la tâche sombre,
Voyez une tâche sur un dessin raté, une tumeur, une entité spectrale
Je me souviens d’une vieille dame sans regard dans un lit d’hôpital.
cet intrus venant des ténèbres.
Laetitia

Nuages noirs
l’obscurité est prégnante, couvercle de plomb au dessus de nos têtes
que l’on se sent petit face « aux éléments »
peur ancestrale que le ciel ne tombe sur nos têtes !

mer déchaînée
déchaînée, ne tient plus en place
que faire face à une personne déchaînée ? Que faire face à une furie ?

tourbillons
tourne, tourne, tourne ma tête, valse, valse, de plus en plus vite
l’eau s’engouffre, avale, emporte, engloutit tout sur son passage

et couches d’eaux sombres
couches, superpositions de
descendre les strates jusqu’au plus profond de l’océan, au fin fond des fonds sous-marins
comme descendre au fond de la mine, attiré par les entrailles de la Terre

un peu d’écume
quelques touches de blanc comme un peu de sucre sur un gâteau au chocolat
ou la mousse débordante du cidre tout juste débouché

Soudain un éclat de lumière
miracle du rayon de soleil qui fait une trouée dans le ciel,
puissant, il écarte les nuages,
impose sa clarté, illumine, irradie, magnifie le paysage

l’envol d’un oiseau, le cri d’une mouette.
Catherine

Tu as frotté tes paupières, très fort ;
au dedans, tu conjures ta tristesse d’orpheline.
Appuyé, très serrés contre tes paupières rougies,
tes poings veineux.
Des larmes fleuves incontrôlées roulent encore sur tes joues.
Tu dis : ce sont mes yeux qui pleurent.
Le sel s’accroche au pigment de ta peau, plus lâche et pourtant plus douce, comme à l’intérieur au creux du genou plié.
Derrière le vitrail de la chapelle Saint-Paul,
apôtre, père, fils, frère ou grand-père. Nul doute un véritable ami
une foule fumait.
Une attente vêtue de sombre deuil où il pleut sans discontinuer.
J’ai entendu le grésillement de l’aspiration
Je me rappelle bien du feu de camps sur la plage, des guitares désaccordées et des voix au diapason
d’une gauloise -interdite- sortie du paquet bleu.
Frou-frou de robes qui tournent, volutes et grâce de gitanes.
Epoque révolue. Des lois éteignent le plaisir et les prix flambent.
Je me demande quel est le juste prix des choses …
parti-pris lobbies dépit dépité, drôle d’époque !
A tes oreilles, Jeanne Mas hurlait,
rouge et noir, enceintes saturées
au bâtiment M121. Dans un placard, ta blouse blanche 121, remisée.
sous des brassées de roses envolées
Mitterrand est élu, la peine de mort abolie…
ça n’a pas empêché mon père de mourir
dans la nuit, sans lune.
tu te souviens des entailles, par là même, où rentre la lumière rougie
Le feu de la foi scintille par grappes d’amoureux.
Stéphane

L’univers,
Terme si vaste par son immensité, son insondable profondeur,
Quel abîme, tout comme la complexité de l’âme humaine.

Que chaque être humain cherche à connaître, à sonder et à maîtriser :
- Premier pas de Tintin sur la lune qui dans la bande dessinée d’ Hergé
Un dessinateur, Précurseur ! Annonciateur ! Inventeur ! Futuriste ! Utopiste !
Non, nous ne pouvons pas dire cela de lui par respect de son œuvre et de son talent...
Oh ! Oui ! quel grand homme ! Qui demeurera à jamais gravé dans la mémoire de toutes les générations confondues et qui a fait, fait et fera toujours partie du patrimoine français, de la culture de l’ hexagone mais, qui est connu de façon mondiale et traduit dans de nombreuses langues, telle une Bible
Ah ! Mais qu’est-ce qu’elle vient faire là celle-ci ! même si c’est le livre le plus vendu dans le monde...
- Suivaient ceux de Neil Armstrong, cet astronaute, qui a eu une chance inouïe !
Que dis-je, le privilège ! de poser, les pieds sur la Lune le premier, oui !le premier !!! lors de la mission Apollo 11, de marcher sur cette planète tel un enfant faisant ses premiers pas seul, d’un pas mal assuré mais avec ce style aérien qui fait rêver et qui annonce le début d’une conquête voire d’une quête celle de l’autonomie et de la Vie dans un autre Univers,
Comme c’est étrange, le revoilà ce terme, qui revient tel un ange, peut-être est-ce l’Ange Gabriel ? qui « vole » lui aussi au dessus du Mont Saint-Michel, ce si bel Archipel !!!
Que les hommes vont apprendre à mieux connaître voire à s’en repaître...
- Et la sonde envoyée et arrivée sur la planète Mars !
Quelle histoire, là encore, c’est encore plus fort...pour savoir s’il y a de l’eau sur celle- ci, pure folie, afin que nous puissions y vivre et nous enfuir, nous l’approprier, pour y apporter, notre, ou bien, nos saletés...Ça, c’est notre plus grande faute car nous ne savons pas être des hôtes, propres, non ! Nous sommes vraiment « im-propres , mais l’homme, le terrien, qui, en fait, est un « vaurien », en tout cas il fait tout comme, de ne pas être responsable, il se considère plutôt comme un être sage, qui désire tout maîtriser, contrôler mais ne peut le faire, face à son destin qu’il ne tient pas entre ses mains...

Dont la Terre fait partie, appelée notre planète « bleue »,
Cette si belle couleur qui me « substante » et qui est prégnante sur ce tableau, si beau !!!

Mais pourquoi l’appeler ainsi :
 Parce qu’elle est principalement composée d’océans, géants et de mers, superbes d’un bleu profond, fécond, qui fait rêver et surtout voyager, dans cet Univers profondément bleuté, parfois irisé, électrique mais non statique,
 Qui non seulement, est maintenant souillée, polluée, à outrance voire à l’indécence telle une drogue, que chaque homme lui donne, si bien qu’il la tue, qu’elle devient violacée, car elle est blessée et elle souffre d’une douleur, qui n’est pas un leurre, mais à cette heure-ci, cela crée chez certains, les plus sanguins beaucoup de douleur qui se déverse en pleurs tels des flots, des sanglots.
A ce propos, une récitation me revient en tête, et se répète, encore et encore, de plus en plus fort : « Les sanglots longs des violons de l’automne, berce mon âme (ou mon corps) d’une langueur monotone... ».
Mais qui a écrit cela ? Je ne m’en souviens, malheureusement, pas !!!

Qui, bleue, ne le restera pas, car en la polluant, et petit à petit en la tuant, sans vergogne, cela ne m’étonne, sans aucun soucis, mais plutôt avec mépris, sans nous poser de questions, on nous prendrai pour des « cons », alors que nous sommes censés être des êtres censés, doués de la faculté de penser...

Quelle saveur !
Pur Bonheur que ce bleu transparent, apparent quand il fait beau temps,
Le bleu existentiel du ciel, qui nous émerveille, sans nul autre pareil et qui nous mène vers l’au-delà, où les tracas n’existent pas et ne sont, momentanément, plus là,
Et celui de la mer, en plein soleil, mais que je désespère de voir disparaître, un jour où ne régnera plus l’Amour...

Qui provoque, chez moi, un sentiment profond, fécond, d’humilité. Sa forme liée à sa rotondité, laisse à penser que c’est une cellule, parmi toutes les autres, qui constellent l’Univers. Toutes celles qui vivent au plus profond de chaque être,
Suis-je trop bête, pour penser cela ou bien est-ce notre société, de grande notoriété ! qui nous imprègne ce comportement là ?

Elles vont de variations en variations, voire d’ expansion en exponentiation et d’être aussi plus ou moins colorées, nuancées grâce aux dégradés de chaque planète qui sont elles aussi très chouettes, coquettes, « bleuettes »...
Telle la planète du Petit Prince, qui en prend bien soin...Celle-ci, appelée l’astéroïde,
On dirait de la musique,
B 612,
B comme dans BéBé , nouveau-né,
6 comme trois plus trois font six,
12 tels les douze apôtres,
en est une. Elle est vraiment fantastique, fantasmagorique même mystique et unique...
Elle n’est pas bleue, c’est aussi merveilleux... Souvent elle est blanche et c’est pour cela qu’elle tranche et apparaît parfois avec des couleurs vertes assez nettes, ou violettes, très coquettes...
Chaque année, il y nettoie les volcans, les baobabs, et s’occupe, particulièrement, de la rose qui à à dire des choses, et qui les cache derrière ses piquants, tels des dents, menaçants, mais dévoile, ôte le voile sur sa sincérité de l’intériorité...
Il apprend du renard, non sans hasard, l’ « apprivoisement », ce n’est pas innocent, plutôt parlant et suggérant que l’amitié qu’il porte en lui, n’est pas inné mais, petit à petit, il se laisse approcher et aimer...

Je me souviens de ma première découverte de la lecture de cette , remplie d’espoir...
Je me souviens qu’elle faisait disparaître tel un maître, le noir, et le désespoir, qu’on peut avoir en soi mais aussi en l’Homme !

Lui, oh ! c’est un petit d’homme, mais le « grand Homme » ne peut s’en sortir et n’a de devenir, de l’avenir, qu’en laissant parler son Cœur, ce serait le plus grand des Bonheurs et qui comme la fleur, ouvre ses pétales pour montrer qu’en soi on a du cœur..

Cette apparition et sensation de fluidité au sens du mot gémellité prouve,qu’en tout être se trouve, que rien n’en bouge, des hommes, vivant, sur cette planète, quelle fête !, et des cœurs qui battent et se débattent : BOUM ! BOUM !BOUM !...

Fabienne

ECRITURE FRAGMENTAIRE

Il n’était pas un adepte du travail trop régulier et contraignant et il regardait avec hauteur ceux qui s’échinaient à la tâche.
Lui, il avait opté pour les jetons, les jetons de présence s’entend ; de la présence, il en avait, et être présent lui coûtait peu. Alors, pour s’amuser avec le pied de la lettre, il s’était acheté de beaux jetons de plastique fluo, dont remplissait patiemment un écrin de velours, semaine après semaine.

Ce soir, j’ai envie de voir un vieux policier, un truc à la Gabin où il y a toujours un commissaire un peu braque qui entre dans un bistrot bondé et enfumé et qui dit : « Patron, donnez-moi don un p’tit blanc et deux jetons. », l’oeil déjà sur la cabine de téléphone. J’adore. Ça dit à quelqu’un un polard rétro ?

« Jetons, jetons ! » Mais pas n’importe comment . On trie. Jetons dans l’ordre et comme il faut. Tout en couleurs. Jetons gai, jetons jaune, vert, bleu… jetons dans l’enthousiasme. Le moins possible, tout de même, nous sommes bien d’accord ?

Il avait les jetons. Ça se voyait. Il avait beau essayer de donner le change. Il suffisait de voir ses mains, serrées sur son verre, son incapacité à se mêler aux conversations. La salle bruissait, lui se taisait, visage crispé. Oui, il avait les jetons. Et je savais pourquoi.

Vrai ? Faux ? Allez savoir. Rien ne ressemble plus à un vrai qu’un faux. D’ailleurs, ne dit-on pas : « C’est un vrai faux-jeton, celui là » ? Pile, face… de toute façon, vous n’y verrez que du feu !

Et voilà. Le truc à pièces ne marche pas. Encore une chance qu’il m’ait rendu mon euro. Reste plus que la solution des jetons. Parce qu’ici, t’as le choix : pièces ou jetons. Sauf que là, y’a personne pour m’en donner des jetons. Et ce fichu panneau qui me nargue avec ses petits ronds magiques dessinés dessus. Quoi, c’est pas si grave ? C’est vous qui le dites. Ce sera une autre chanson si je rentre sans avoir lavé la voiture !

Lorsqu’il arrivait à s’éloigner un temps des casinos, il se mettait à rêver de jetons. Ses nuits en étaient hantées. Il les voyait en piles, bien rangés par couleur. Il les voyaient au bout des doigts qui les posaient avec circonspection sur le tapis vert. Il entendait leur tintement, quand des mains plus hardis les y jetaient d’un geste conquérant. Alors bien sûr…

Pour l’instant, tout va bien. Mais quand Paul et Lucie jouent à ce jeu séculaire que je leur ai appris, le 421, j’attends toujours le moment où le ton monte pour une question de dés mal lancés ou de jetons subtilisés. Triche effective, méfiance ou mauvaise foi, le résultat est le même : tous les jetons s’envolent et retombent en pluie multicolore. Il ne me reste plus qu’à proposer un tour au jardin.

À cette heure-ci, vers 13h30, quand la reprise du travail approche, j’ai toujours un œil sur la machine à café. Il faut dire que si je suis désormais un vieil habitué du lieu, je me suis aussi fait avoir les premières fois. Normalement, mettre un jetons dans la machine pour obtenir son café est à la portée du « premier venu ». Pas ici. Ici, il y a un truc. Et c’est un spectacle ! L’Homme aux prises avec le jeton… Je sais, c’est bête – voire peu charitable – mais ça m’amuse beaucoup.
Antoinette

Silence.

Chut, que cesse le silence.
Etait-ce le message lu sur le tableau.
Si oui, alors, je n’y comprenais plus rien.

La ligne d’horizon rappelle à celui qui la voit,
la distance qui l’éloigne de l’inextinguible,
des couleurs sur la toile.

Et comme il marche sur la toile,
le silence donne à voir.
Comme il danse ente les doigts de l’artiste,
il révèle.
Et comme il est dans la pièce,
il transporte.
Silence, à point nommé.

Silence Ma Bien Aimée.
Silence dans l’écriture de mes sentiments,
ou dans le dire de mes mots.
C’est cela qu’il faut entendre.
Silence,
et l’envolée des couleurs qui se mêlent sur le tableau
sans jamais ne plus exister au singulier ;
mais dans la création,
à l’unisson d’un instant de silence.

Puisqu’il ne se dessine, ni ne s’entend.
Puisqu’il n’a d’existence que dans le rien, qui est loin d’être rien.
Silence, je te salue.

Rouge silence, jaune ou ocre.
Peu importe sa couleur au fond.
Ce qu’il en reste, bien davantage.
Ce qu’il en reste est manque à être et donc,
désir en devenir.

Combien de fois le pinceau tracera ses vibrations sans renoncer à l’impossible de sa trace.

Au coeur du vide intersidéral,
le silence tourbillonne tel un essaim d’abeille.
Le silence s’envole.
Destinée inconnue dans le silence.
Silence est si lent.
Le silence est miel produit par les abeilles.
Saveur sucrée aux subtiles notes des fleurs butinées.

Lui voulait le silence car,
disait-il,
le silence est recueillement.
Sauf que ce jour là,
l’esprit n’était pas au recueillement.
Tous s’y opposaient.
Esprit revêche et paroles également.
Acceptant cet aveu,
l’homme silencieux se leva.
D’un regard bleu, il les remercia,
de leur écoute
et de leur recueillement.
Surprise, la foule se tut.
Intensément.
Nelly

Aurore triomphante ou crépuscule radieux, débauche de couleurs flamboyantes, rouge, orange, jaune se marient avec panache, deviennent précieuses : rubis, grenats ou bien gourmandes : cerises, groseilles.

L’océan sent le grand large, les éléments déchaînés ; le sel sur les lèvres, les cheveux ébouriffés, se sentir l’âme d’un pirate, allègrement grimper au grand mât, voler du petit perroquet au grand cacatois, être vigie, les yeux plissés vers l’horizon attendre, puis sans grâce ni pitié, ne pas faire de quartier.

Au cœur de l’océan, étincelant des feux du couchant, dorment des épaves mythiques, un
chasseur de trésor plonge, inlassable, il importune sans vergogne un monde marin mystérieux mais lui rêve de pièces d’or et de pierres précieuses.

Plaisir d’été, ramasser des galets tout doux et polis par la mer, écouter le bruit des vagues dans un coquillage nacré, trouver une conque, souffler trois notes et s’imaginer sirène.

Quand du tumulte de l’océan rugissant, du bouillonnement de l’écume jetée à tous vents jaillit une créature marine, spectacle grandiose de cette légende triomphante.

Elle est perchée sur un rocher submergé par les flots, son pâle visage d’un blanc d’albâtre
légèrement incliné, ses longs cheveux soyeux ondulant à la brise légère, ses écailles d’un bleu turquoise miroitent au soleil, elle écoute, esseulée, le silence pesant de l’océan et de ses yeux vert émeraude coulent des larmes salées.

Une balade au bord de l’océan un soir d’été empourpré, la grève déserte invite à de douces
fantaisies, elle rit de l’empreinte de leurs pas mêlée, séductrice elle entraîne son amant dans un tango langoureux, sensualité d’un corps à corps libéré.

Sur la plage, le vent tourbillonne des hélices de sable. A l’horizon le soleil décline, hésite à se glisser dans les draps agités de l’océan, de ses rayons coulent les derniers feux d’or et de safran, les vagues murmurent timidement pour ne pas gêner le silence.

Tout est si coloré aujourd’hui, si tranquille aussi, je suis seule sur la plage, je sautille dans les vagues mousseuses, les algues tentacules abordent mes chevilles, je ferme les yeux et tend mon visage au soleil, je soupire, c’est divin.
Roselyne

Hurlement- cyclope

...Attirée par une boule rouge cerclée de noir. Echographie d’un regard unique. En coin. Orbite énuclée. Fond d’œil déveiné au microscope observé. Fond d’œil glaucomisé. Pupille dilatée. Lentille rouge pour prothèse oculaire. Fibres optiques coloriées par un rayon lasérisé...

… L’œil est dans la tombe du ciel et regarde la Terre. Une paupière ronde et noire retient fixement une pupille tourbillonnante, injectée d’un sang rouge-rouge, dans la délectation du plaisir sauvage et ravageur de la destruction, de l’anéantissement planétaire…

...Œil balayeur d’un cyclope du ciel armé de foudre
Œil excité par un cosmos éventré
Œil attiré par un gonflement de mer démontée
Œil jailli d’une entraille disloquée
Œil furieux, voyeur, manipulé
Œil fixe et fixé dans l’énormité
D’un Univers déréglé...

...Hurlement muet d’un monde disparu, englouti. Voix humaines éteintes, gorgées de flots déchaînés en verte montagne pointue qui tentent une ascension vers l’œil cyclonique d’un cyclope sans front et sans visage et sans armes forgées.
Hurlement muet des vents en bourrasques, en lames et en flammes qui se lèchent, se pourlèchent, s’étreignent.
Hurlement muet d’un cri infini qui déchire un univers fantasmagorique…

… La montagne s’enfle et géologiquement s’ouvre en son milieu. Deux mondes naissent sous un soleil de plomb et de sang en fusion. On ne voit plus rien. Où est la ville ? Où est la campagne. Où sont les maisons et les arbres, les forêts et les enfants ? Qui a provoqué la colères des dieux de la mer, du vent, du feu ? Qu’avons-nous fait de nos grandeurs ? Stupeur et tremblement ! Sidération ! Terreur, malheur ou hallucination passagère ?...

…Et si on grattait ? Gratter quoi ? Tout. Le rose-bleu-blanc-vert pour voir ce qu’il y a dessous ? Mais si ! Justement on va VOIR ! Il y a toujours quelque chose de caché sous une première peau.
Dans son angle, pourtant, l’œil, aux pouvoirs maléfiques, est indéboulonnable rouge battant, saillant de colère, de force et de danger. Contenu par un tonneau de métal noir.
Dos tourné. Demeurer dans l’évitement ...

...La mer est là, vert émeraude, en vagues écumeuses et c’est Gauguin à Tahiti ou Gauguin à Pont-Aven et les coiffes en dentelles des bretonnes endimanchées et c’est Van Gogh et sa lumière, les tournesols, la nuit étoilée et dans l’autre coin, assis par terre, les mangeurs de pommes de terre. On entend le piano de Bach ou le clavecin de Rameau qui joue Les Cyclopes La musique jaillit...

...Coups de brosse expressifs, puissance de chaud et de froid. Et c’est Matisse dans le Paysage de Collioure. Les bêtes de la mer surgissent des flots apaisés. Fascinante découverte !
Dans son angle, pourtant, l’oeil, aux pouvoirs maléfiques, est indéboulonnable rouge battant, saillant de colère, de force et de danger. Audacieux soleil. Rubis enchâssé d’onyx ou de jais...

... La coupe oculaire est une forge. Le rouge divin l’enclume et le marteau.
Geôliers mythiques extatiques d’une imaginaire et folle balade dans un invisible intérieur.
Geôliers mythiques extatiques d’une métamorphose énigmatique, improvisée, décomposée, tourmentée.
… L’oeil du cyclope est dans la tombe du ciel et regarde la Terre...
Jacqueline

Mélange fondant de couleurs qui se lient dans leurs contours, débordent, se mêlent. Le chaud s’immisce dans le froid et le froid dans le chaud en parfaite harmonie. Même les lignes droites s’arrondissent dans les angles et ne peuvent s’empêcher de s’adoucir. Tâches et traits composent à merveille, même le noir se fait oublier.

Pour un ciel, le bleu souvent s’impose. Mais la créativité suggère de prendre des risques. Alors s’ajoutent du violet, de l’orangé, du bleu délavé, du jaune lumière. Des ciels d’Antarctique et d’Afrique s’épousent, écrasant de beauté la ville au profil à peine esquissé.

Sous l’écorce terrestre, se cachent des ébauches de villes que d’autres, mieux dessinées, sont venues écraser dans de doux craquements. Des proéminences s’affirment en profil pour marquer la victoire, boréolées d’aurores chatoyantes. Des notes s’échappent...le Do en violet, le La en rouge, le Si en jaune… quelle jolie mélodie…

Un cœur, un combattant, une plage, une rose, un lac, une montagne, le roux du renard apparaissent dans le détail du ciel multicolore. Un tapis de couvertures épaisses et froissées s’étalent moelleusement en dessous, invitant à s’allonger pour mieux regarder les formes s’animer.

La peinture s’envole et se repose à l’envers. L’harmonie s’inverse. Le paysage montre son autre visage. Ce n’est plus un ciel mais un arc-en-ciel. Un dégradé rectiligne de quatre couleurs formant une joyeuse couronne au jardin d’aquarelles qui étale ses pigments en nuages légers.

Derrière la silhouette des remparts, le coucher de soleil fait naître une mer d’or. Les rayons de lumière transforment le paysage baigné de quiétude. La forme des nuages donne l’illusion d’une femme allongée, les cheveux bruns, vêtue d’un chandail orange et d’une jupe mauve, un foulard fushia s’échappe de son cou.
Laetitia

L’empreinte

Tac à tac, tac à tac, tac à tac, c’est le tac à tac des sabots des chevaux résonnant sur l’asphalte ou, plus sourdement, sur un chemin de terre. Selon qu’ils marchent au pas, au trot ou au galop, le tac à tac sera plus ou moins rapide, plus ou moins retentissant, plus ou moins marqué. Tac à tac, tac à tac, tac à tac.

Empreinte d’un pas, d’un sabot, d’une patte, sur le sable, dans la terre, suivre cette trace pour traquer l’animal, le chasser, le piéger, pour s’en approcher au plus près.

Empreinte sur un papier, marque de couleur apposée par un tampon encreur, répétée, qui s’aligne et forme une suite, une chaîne, une série d’anneaux, de symboles comme une écriture particulière.

Empreinte régulière, appliquée, soignée, sans déborder, ou empreinte un peu floue, esquivée, presque effacée, évoquée, suggérée.

Empreinte claire ou foncée, ouverte ou fermée, appuyée ou légère, indélébile ou effaçable.

Empreinte digitale, marque identitaire, unique, personnelle, qui n’appartient qu’à une seule personne, un seul individu. C’est plutôt incroyable, avec le nombre d’humains qu’il y a sur terre il n’y a pas deux empreintes identiques !

Empreinte de l’expérience, du vécu, du passé, de la famille, de l’éducation reçue, des fréquentations, des rencontres, de l’environnement, du travail, des lectures, des découvertes... toutes ces marques qui se répètent, s’enchaînent, se suivent.

L’empreinte du matin, du lever, de la clarté du jour, de la chaleur sur la peau

et l’empreinte du soir, du coucher, de la nuit et du calme retrouvé avec l’obscurité.
Catherine

(Pré- en -) BULLES et tic-tac de l’horloge.

Bulles de champagne, liquide rosée, pétillant
ça glougloute.
Effluves suivant les circonvolutions à l’intérieur de mon cerveau.
Légère ivresse.
Bulles légères qui bouillonnent, parfois débordent sur le rebord de cristal,
coupe ou flute d’où fuitent et s’échappent ces bulles poudrées de plaisir
en traces muettes, le champagne ne tache guère, dit-on.

Bouillon comme la lave du volcan
Bouillon comme le lait sur le feu
Tac tac tac
Bulles d’apparat
Bulles déglinguées
Bulles en l’air
Bulles en dedans
Bulles échappées, liquide vaisselle
échappée, liberté, légèreté, joie, courir dans le vent.
ça pétille ! ça pète !
Bulles sous l’eau
j’essaye de parler. Je m’étouffe.
Bouillon de mots.
J’ai mal à la tête. Aspirine. Le mal sera-t-il aspiré ?
Dans mon verre ça bulle. Effervescence.
Dans ma tête ça gargouille.
Tic tic tic
Dans la nuit, l’eau de mer, roule sur les parois de la cuvette
ça étincelle et éclaire : c’est la danse du plancton,
petits néons phosphorescents, sous mon regard à tâtons
je pompe, je pompe pour continuer la danse du plancton,
dans une parfaite spirale improvisée, ça éclaire toujours de nuit,
alors que l’équipage dort à poings fermés.
tic-tac tic-tac tic-tac
Ça clignote et chuchote, le clignotant fait signe de tourner
les bulles de pluie s’écrasent sur le pare-brise voilé
par des écharpes de brumes en couloir bousculé.
Tac tac tac
Sur les carreaux de la cuisine, la mousse doute,
avant d’être avalée par dame serpillière,
coup de balai violent en territoire familier
on y apprend la cuisine en verre dépareillé et en prose farine
dans le doseur : les litres et les grammes
combattent et jouent un véritable drame !
Tic tic tic
La mousse du shampoing bleuté fourmille et absorbe le blond cendré, délavé d’un brin d’éternité fabulé.
Il n’y aura que l’eau claire au sortir du pommeau de douche qui fera disparaitre cette armée de bulles en tête !
Oh les voilà parties en fumée dans le siphon en bas, à nos pieds.
Tac tac tac
De l’entaille de la blessure roule et jaillit le rouge sang,
amas de bulles chaudes. Sang royal sans doute :
Du sang bleu coule, c’est un roi à qui on coupe la tête.
Tic tic tic
Au loin, sur la place du village,
le jongleur jongle des billes-bulles de couleurs multicolores
en tournant tout autour de la piste aux étoiles.

C’est le tic tac des heures. Un ballet classique.
un rythme du poids du temps,
scande le tic tac de la pendule, Comtoise ou coucou suisse,
des heures égrenées plus sonores en nocturne,
étrange épaisseur, caisse de résonance, sur le bois du parquet ciré,
ça craque et ça suinte la nostalgie. tic-tac tic- tac.
Au soir, je broie du noir. La nuit, des bulles de rêve remontent…
Préambule d’un noctambule. Les tambours tambourinent :
Mister Night Bird va entrer en piste. Rideau !
Stéphane.

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