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Samedi 30 mars 2019, troisième atelier : VARIATIONS

jeudi 4 avril 2019, par Frédérique

Nous recevons des travaux de l’atelier Pratiques et Recherche de l’école de dessin,
des LEPORELLO, imaginés à partir des premiers textes donnés.

Pour répondre à ces propositions, nous reprenons les textes écrits pour les envisager autrement.
Quatre consignes :
si nous ne gardions qu’une seule phrase du texte...
en écho au Leporello : sortir du texte initial dix mots ou expressions qui font écho à l’oeuvre plastique. Ecrire un texte court avec ces dix mots.
Caviardage : en noircissant le texte initial, faire apparaître un autre texte.
Haikus:trouver dans le texte initial un court poème (5/7/5 ou 5/5/7 syllabes)

en une phrase

Je me souviens de ces fantômes à Venise, sur la Place Saint-Marc allumée des couleurs folles du carnaval. Antoinette
Tourne, tourne, tourne ma tête, valse, valse, de plus en plus vite. Catherine
La nuit est tombée, tendue sur une ligne de basse. Geneviève.F.
Entrevoir la lumière au travers des ténèbres. Geneviève.G.
L’oeil du cyclope est dans la tombe du ciel et regarde la Terre. Jacqueline
Au cœur du vide intersidéral, le silence tourbillonne tel un essaim d’abeilles. Nelly
Plaisir d’été, ramasser des galets tout doux et polis par la mer, écouter le bruit des vagues dans un coquillage nacré, trouver une conque, souffler trois notes et s’imaginer sirène. Roselyne.
Le jongleur jongle des billes bulles de couleurs multicolores en tournant tout autour de la piste aux étoiles. Stéphane

en écho aux leporello

Silence

Silence torride, souffle brûlant d’un été de canicule
Les derniers feux de broussaille consument les vestiges
d’une nature anéantie
Au milieu de ces exhalaisons infernales, les derniers hommes
honorent les dieux en silence
Leurs danses endiablées des anciennes fêtes païennes
simulent l’éruption du volcan et la puissance de l’orage
qui viendront fertiliser les terres desséchées
Caroline

Fixe dans la méditation, la main du fantôme pointe au loin la mer. Peut-être vise-t-elle la mouette dont la robe blanche prend de la hauteur et d’un vol vigoureux laisse loin le ressac doré. Antoinette

Prenons des tubes de couleurs
Étalons la peinture en couches
Formons des strates pour dessiner l’océan et ses tourbillons et des nuages
Mais, de peur que le ciel ne tombe sur nos têtes
Écartons-les avec quelques touches de blanc
Faisons apparaître un oiseau dans un éclat de lumière
Catherine

La nuit est tombée
tendue sur une ligne de basse
les ondes me parviennent
la basse groove c’est du funk
le freak c’est chic
En écho les lignes hypnotisent les oranges tintinnabulent les roses ricochent les vertes éveillent
La basse groove alors je danse
Soultrain est lancé l’hémisphère waake face au miroir entre les danseurs les gestes se répètent gens ébouriffants
La basse groove et ça balance
La boule rouge aime le grand bleu
La basse groove mâle tendu
La nuit est allumée
Geneviève.F.

La maison glaciale n’est guère accueillante. Il rallume un feu dans la cheminée du salon. Des gerbes d’étincelles jaillissent, ça craque et ça pétarade. En peu de temps, la chaleur se diffuse dans la grande pièce. Chocolat chaud et pain d’épices s’associeront pour le rasséréner, indispensables compagnons pour faire face au spleen du dimanche soir. Geneviève.G

La musique en symphonie fantastique des cyclopes énucléés jaillit des coups de brosse en grise colère et engloutit le geôlier mythique et furieux. Jacqueline

A l’unisson, le silence dessine la ligne d’horizon.
Il transporte.
Il danse et révèle l’inextinguible
sans renoncer à l’impossible de sa trace.
Rouge silence au coeur des notes butinées.
A point nommé, le silence s’envole.
Chuuut.
Nelly

Un soir d’été empourpré, au cœur des éléments déchaînés, une fragile goélette d’un blanc d’albâtre s’incline, submergée par les flots dans le tumulte grandiose d’un océan bleu turquoise, s’enfonce dans un monde marin mystérieux pour devenir épave mythique. En attendant, dans ces derniers rayons baignés d’or et de safran, le glas résonne dans un silence pesant, épouses et promises pleurent des larmes salées.
Roselyne

Un dé jeté : six faces offertes roulent tout autour de la piste aux étoiles :
Trois boules bullent en spirale improvisée tout en effervescence multicolore.
Pendant que tous dansent sur une légère ivresse du tic-tac de la pendule,
une armée de bulles en tête se lève, avant que du sang bleu, ne jaillisse.
Stéphane

Caviardages

Solstice torride brûlant les flammes de son infernal crinière
L’éruption du volcan meurtrier anéantit les morts qui emplissent l’espace
Silence craquelé à couper le souffle

Caroline

Emprise
Emprise qui vous tient, sentez
spectres
Sisyphe
Moines
longues robes sans visage.
fantômes. Ils criaient sous leur masques.
Mon regard suit leur cortège
malmené, tordu.
Souffle de safran
froncement de sourcil du ressac
Ça fait peur.
ressac
ressac qui roule
Des enfants, dans la vague.

Antoinette

Avoir envie de cette main
que je vois de loin
juste plaisir à partager
Oui, même souffle,
Souffle léger,
qui s’épanouit partout.
« Tu vas voir »,
C’est un décor
qui s’enroule
regarde dans la vague

Antoinette

l’obscurité est prégnante,
déchaînée, déchaînée,
une personne déchaînée
tourne, tourne, valse, valse, de plus en plus vite
s’engouffre au fin fond de la Terre
un peu d’écume
quelques touches de blanc
un peu de mousse
Soudain
puissant,
un cri.

Catherine

Pluie
pluie
pluie
sur
ricoche frémit l’ondée s’ébroue
la
nuit
nuit
nuit
tombée tendue dans l’hémisphère
les ondes portent
dehors l’écho

Geneviève.F.

Entrevoir la lumière.
Elle avait réussi dans un lieu inconnu. Depuis ce matin, elle se souvient… poursuivre son chemin, ne pas sombrer, gagner.

Geneviève.G.

Trois jours dans un lieu inconnu. Elle ressent, elle perçoit, elle imagine : la devanture d’un magasin, les effluves d’un parfum féminin. Résister au vertige surtout.

Geneviève.G.

boule rouge cerclée de no
regard unique
déveiné
glaucomisé
rouge
lasérisé...
… L’oeil
regarde la Terre.
paupière ronde
rouge-rouge
...Oeil balayeur
Oeil excité
Oeil
de mer démontée
jaillit entraille disloquée
Oeil furieux
Oeil fixe et fixé
Univers déréglé...
...Hurlement muet
Voix humaines éteintes
cyclope sans front
sans armes forgées
Hurlement muet
vents en bourrasques
flammes qui
s’étreignent
Hurlement muet
univers fantasmagorique
La montagne s’ouvre
Deux mondes naissent
Où est la ville
colères des dieux
Stupeur et tremblement
hallucination passagère
VOIR
l’oeil
rouge battant
nuit étoilée
le clavecin de Rameau
joue Les Cyclopes
Les bêtes de la mer surgissent
oeil
rouge battant
Audacieux soleil rubis d’onyx
rouge divin
Geôlier
extatiques
Geôliers
extatiques
métamorphose énigmatique
L’œil regarde la Terre...

Jacqueline

le
rien
sur la toile.
entre
dans la pièce,
C’est cela qu’il faut entendre.
le rien, qui est loin d’être rien.
au fond.
il reste, bien davantage.
il manque
intensément.

Nelly

le tableau.
appelle
la toile.
et danse à point nommé.
mes mots.
se mêlent
dans la création,
existence
je te salue.
être en devenir.
le pinceau tracera
sa
destinée
miel sucrée
recueillement.
recueillement.
recueillement.

Nelly

Aurore triomphante ou crépuscule radieux
L’océan sent le sel, un perroquet, vigie, les yeux plissés vers l’horizon attend.
Au cœur de l’océan des épaves mythiques importune(nt) un monde marin mystérieux.
Rêve d’été, trouver une sirène, quand de l’écume jaillit une créature marine, perchée sur un rocher, les flots, d’un blanc d’albâtre, d’un bleu turquoise miroitent au soleil.
Au bord de l’océan, la grève déserte invite, séductrice, dans un tango langoureux un corps libéré.
Le vent tourbillonne, décline, hésite, murmure timidement.
Seule sur la plage, dans les vagues, les algues tentacule(nt) mes chevilles.

Roselyne

champagne
légère ivresse
bulles légères sur le rebord de cristal
bulles poudrées
traces muettes
bulles d’apparat
bulles déglinguées
bulles échappées
bouillon de mots
étincelle et éclaire
petits néons
regards à tâtons
parfaite spirale improvisée
toujours de nuit
les bulles de pluie s’écrasent
les carreaux
en territoire familier
combattent et jouent
la mousse
bleuté fourmille
un brin fabulé
bulles en tête
le siphon à nos pieds
de l’entaille de la blessure jaillit le rouge sang
sur al place du village
le jongleur jongle
en tournant tout autour de la piste
plus sonores en nocturne
étrange épaisseur
la nostalgie
tambourinent :
Mister Night Bird va entrer en piste

Stéphane

Haikus

Dans le silence
la danseuse féline
Retour de l’été

Caroline

Venise en cortège
Robe blanche volubile
Crépitement d’aise

Antoinette

Des nuages sombres
une mer déchaînée
peur face aux éléments

ou :

Des nuages sombres
une mer déchaînée
petit face aux éléments

Catherine

Ondes portent pluie
Hémisphère frémit
Cuicui s’ébroue sous l’ondée

Geneviève.F.

Effluves d’un parfum
Etincelles brulantes
Vertige du fort souvenir

Depuis ce matin
De plus en plus fort
Distinguer la nuit du jour

Geneviève.G.

audacieux soleil tonneau de métal
rubis enchâssé d’onyx feu de vent de colère
nuits endimanchées monde disparu

cosmos éventré
tourbillonnantes flammes
plaisir sauvage

Jacqueline

Ligne d’horizon
Saveurs des fleurs butinées
Le silence s’envole

Nelly

Dans un coquillage
Souffler trois notes
Et s’imaginer sirène

Roselyne

Regard étouffé
Traces et bulles poudrées
Effervescence égrenée

Nocturne à tâtons
siphon joue du pied
Glougloutement de lave.

Stéphane

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