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Texte de Roselyne

lundi 7 mars 2016, par webmestre

Un géant, un lutin
 

Les premières lueurs de l’aube vinrent le titiller, il écarquilla un œil tout rond, ouvrit grand sa bouche dans un sonore bâillement, étira sa longue carcasse en faisant grincer horriblement les ressorts de son lit et d’un souple mouvement de félin assez étonnant pour sa corpulence il se leva.
Après une brève station devant l’évier de la cuisine ou il s’aspergea d’eau et s’ébroua comme un vieux chien, il enfila une vielle salopette d’un vert saumâtre, un pull noir mité et se planta devant la table branlante en formica, au tout milieu une belle miche de pain joliment dorée attendait. De ses grosses paluches poilues il la caressa presque religieusement, la porta à son nez, ses narines frémissaient sous l’odeur appétissante, il sifflota de contentement et rompit le pain en deux parts égales, il en mit une moitié dans sa musette et engloutit l’autre en quelques bouchées.
Son déjeuner avalé il sortit sur le pas de la porte, huma l’air bruyamment, glissa ses larges pieds dans ses bottes de « presque sept lieues » et s’éloigna à grands pas de la maisonnette en ruine, triste part d’héritage du grand père paternel.
 
Il se dirigea vers le grand bois sombre en haut de la colline. A l’orée il s’immobilisa, son regard aigu observait chaque touffe d’herbe aux pieds des robustes mélèzes, il en sélectionna une, s’accroupit et d’une main légère écarta les feuilles, gratta la terre, un franc sourire éclaira son visage et il modula un gai sifflement, c’était un jour fastueux, il venait de trouver la perle rare, celle qu’il cherchait depuis des lustres, une merveille aux pétales aussi translucides que du cristal, celle qu’il appelait « fleur de lutin"
 
ROSELYNE

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